Un tarif carbone aux frontières pour réduire l’empreinte GES

Un tarif carbone aux frontières pour réduire l’empreinte GES

L’idée d’imposer une tarification sur les importations en fonction de leur empreinte écologique fait son chemin. L’Union européenne est déjà engagée en ce sens, et les États-Unis et le Canada y songent également. Comment s’articulerait le tout et quels seraient les effets? Discussion avec des experts.

Dans les pays où les règles environnementales sont strictes, comme au Canada, le principe serait d’imposer un tarif sur des biens qui ont été produits là où les restrictions en matière d’émissions de gaz à effet de serre sont moins élevées.

Le mécanisme a des visées économiques et environnementales. On rééquilibre les règles du jeu commercial en faveur des entreprises nationales productrices qui subissent déjà une taxe carbone. Par le fait même, on incite les producteurs ailleurs à resserrer leurs règles sur leurs émissions. Idéalement, on devrait pouvoir faire payer à tous les consommateurs, quand ils achètent un bien, un prix qui reflète l’empreinte carbone de ce qu’ils consomment, explique Justin Caron, professeur à HEC Montréal, spécialiste en économie environnementale et de l’énergie.

Mais, en pratique, c’est presque impossible de dire : il y a X tonnes de carbone nécessaires pour produire, disons, cet ordinateur. Parce qu’il y a des centaines de pièces et de matériaux qui viennent de plein d’endroits dans le monde, poursuit-il.